Coder pour une tech responsable

Tech déc. 04, 2020

Qu'est-ce que cela veut dire de coder pour une tech responsable ? Quel impact peut-on avoir au travers de son job, en particulier dans la tech ? Quelles entreprises peuvent répondre à cette quête de sens ? Pourquoi aller vers la tech for good quand on est développeur·se ?

Ada Tech School a invité Jeanne Latil-Flamme Head of Product chez Phenix et Claire Chabas Front-End Engineer chez Backmarket pour répondre à ces questions.

Le récap de ce qui s'est dit ci-dessous, et voici également le replay en vidéo.

"Coder pour une Tech Responsable" Le replay

Chez Ada Tech School, nous croyons fermement que le code n'est pas une fin en soi, mais un outil au service de missions qui ont du sens et de l'impact. Et heureusement nous ne sommes pas les seuls ! ll existe un véritable essor en ce moment de la "tech responsable" autrement appelée la "tech for good".

Des salarié·e·s en quête de sens

Pour mieux comprendre ce phénomène, il est intéressant de se questionner sur le besoin de plus en plus présent de travailler au service d'une cause : avoir un job à impact.

Ainsi, 87% des salariés accordent une importance au sens de leur travail  selon une étude de Deloitte en 2018. Et 54% affirment que cette quête de sens est déterminante au moment de s'orienter professionnellement.

Mais ça veut dire quoi "le sens" ? Lorsque les salariés sont interrogés, ils citent l’éthique, l’utilité du travail, les valeurs de l'entreprise, la compréhension de ce qu’on fait, et le sentiment de faire partie d’un projet plus grand que soi.

Ce critère est encore plus important pour les jeunes, qui seraient prêts à sacrifier un salaire pour trouver du sens : 70% des 18-30 ans mettent même ce critère de sens en premier avant la rémunération selon une enquête Opinion Way et 20 Minutes.

Ces questions se posent d'autant plus dans le cadre de la crise sanitaire lié au Covid, avec les deux confinements qui ont généré de lourdes remises en question. Selon le dernier sondage YouGov publié par Society : pour 56% des Français, cette crise aurait permis de redéfinir ce qui était vraiment important pour eux.

Un bon moment donc, pour se reconvertir et aller vers un domaine où l'on se sent utile. L'ESS (économie sociale et solidaire) serait donc un secteur intéressant pour ces personnes en quête de sens. D'autant plus que ce secteur est lucratif, contrairement aux idées reçues, puisqu'il constitue 10% du PIB Français et emploie plus de 2,3 millions de personnes.

Et pour boucler la boucle, il existe une catégorie qui nous intéresse tout particulièrement au sein de l'ESS : la tech for good ! On peut donc coder pour une tech responsable en travaillant dans une entreprise dont la mission a du sens, dans laquelle on se reconnait, avec laquelle on est en phase.

Coder de manière responsable

Il existe une deuxième manière de coder pour une tech responsable, et cela tient à la manière dont on code. En effet lorsqu'un·e développeur·se code, il·elle fait des choix. Et au moment de faire ces choix, l'empreinte écologique doit être prise en compte. Il faudrait alors re-penser la tech, ainsi que la manière dont on l'utilise, pour réduire son empreinte écologique.

Pour comprendre l'ampleur du problème, il est important de souligner que plus de 4% des émissions mondiales de CO2 sont dues au numérique. Ce secteur émet en fait deux fois plus de gaz à effet de serre qu'en 2007, date de publication des premiers chiffres.

Ce qui consomme le plus, ce sont les produits tech en eux-mêmes (smartphones, ordinateurs, tablettes). Backmarket contribue à résoudre ce problème grâce à la vente de produits tech reconditionnés par des experts. Fleet se bat également sur ce sujet, puisque cette entreprise permet la location, la gestion et le renouvellement d'ordinateurs en entreprise : cela permet de choisir une consommation tech durable pour ses employés.

Du côté du consommateur, pour rendre la tech plus responsable, The Shift Project met en avant le concept de "sobriété numérique" qui consiste à :

  • acheter des équipements numériques les moins puissants possibles, adaptés à son besoin
  • les changer le moins souvent possible
  • réduire les usages énergivores superflus (dont le streaming)

Du côté des développeurs, pour coder de manière responsable, il faut s'attaquer à plusieurs sujets :

  1. Le code en lui-même pour qu'il ne soit pas trop consommateur d'énergie
  2. Les serveurs : où sont-ils, comment tournent-ils ?
  3. La navigation : mettre au point une expérience utilisateur qui ne soit pas trop lourde

Pour ce qui est de repenser son code pour qu'il ne consomme pas trop, on appelle ceci la "frugalité du code", ou encore l'éco-conception du code : c'est à dire de penser le service que l'on code pour son utilité fonctionnelle et éviter le gras numérique.

Le produit doit donc répondre directement au besoin précis de l'utilisateur sans l'emmener autre part, comme peuvent pourtant le préconiser des stratégies marketing.

Le code : un outil au service d'une cause

Ainsi, quand on est développeur·se et que l'on veut s'engager, on a le choix entre une infinité de projets sur lesquels s'impliquer.

Claire chez Backmarket apprécie tout particulièrement ce métier car on peut voir le résultat très concret de son action. Devéloppeur·se est donc un métier pour les personnes qui aiment être au coeur de l'innovation, et qui sont tournés vers le résultat.

Travailler pour une entreprise responsable

Jeanne et Claire ont toutes les deux choisit de travailler pour des entreprises responsables. Elles ont eu d'autres expériences professionnelles avant et semblent ici avoir trouvé un équilibre et un alignement grâce à différents critères qui leur tiennent à coeur, et qu'elles conseillent d'évaluer lorsqu'on recherche du travail :

  1. Le management bienveillant, à l'écoute. Claire témoigne sur le fait que les fondateurs de BackMarket rencontrent absolument tous les salariés recrutés, lors du dernier tour en entretien, ce qui l'a beaucoup marqué étant donné leur emploi du temps chargé. C'est pour elle le signe que l'humain est la clé au sein de cette entreprise ! Jeanne elle a souligné l'implication de Jean Moreau le fondateur de Phenix au sein du collectif Tech For Good.
  2. Les engagements pris par l'entreprise en terme d'impact environnemental. Grâce au reconditionnement et à la politique anti-gaspi, ces deux entreprises oeuvrent de manière massive pour une économie plus saine et pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. L'impact écologique est au cœur de l'ADN de Back Market qui a vu le jour pour réduire l'empreinte écologique de l'industrie du numérique. Chaque lundi matin BackMarket fait le point sur l'impact positif qu'ils ont eu la semaine passée. A titre d'exemple, l'un de leurs récents relevés indique : 12 402 tonnes de matières premières économisées,1 951 tonnes d'émission de CO2 non émis, et 17 074 kgs de gâchis électronique (appareils jetés) évités. Cela permet de garder le cap, et de voir que la mission prend de l'ampleur. Idem pour Phenix qui s'engage contre le gaspillage et sauve ainsi 120 000 repas par jour.
  3. Le travail en équipe. Claire nous l'a assuré : un·e développeur·se ce n'est pas quelqu'un qui reste dans son coin, sinon il ne pourra pas livrer ce qu'on lui demande. Chez Backmarket le travail en groupe est sans cesse mis en valeur, et on programme ensemble, en équipe.

Comment coder de manière responsable un produit ?

Non seulement, il faut penser son code accessible, mais également frugal. C'est un sacré défi pour les développeur·se·s car les documentations sur les deux sujet (accessibilité web et éco-conception) sont peu nombreuses et les formations sont rares. Peut-être y'a-t-il un business à lancer dans le domaine ? Ceci dit, chaque développeur·se peut monter en compétence sur ces sujets notamment grâce à l'entraide.


Coder de manière responsable et frugale se manifeste dans des choix du quotidien. Ainsi chez Phenix, dans la technique de priorisation de la roadmap (le calendrier des nouvelles fonctionnalités à venir), les équipes prennent en compte - de manière classique - le facteur de complexité tech et le facteur d'impact business, mais elles y ajoutent le facteur d'impact social afin de toujours le prendre en compte comme une donnée à part.

Aussi, les équipes de Phenix ont à coeur d'adopter un code le plus sobre possible. Au moment de choisir les outils intégrés, il y'a un choix à faire, et chacun réfléchit alors aux conséquences de ses choix. C'est ainsi que Phenix a privilégie OpenStreetMap plutôt que Google Maps et Paygreen plutôt que Stripe.

Pourquoi les femmes doivent aller dans la tech ?

Claire et Jeanne sont unanimes : parce que c'est super intéressant, pourquoi s'en priver ? Et puis les femmes attirent les femmes, donc c'est en faisant ce choix le plus tôt possibles que les inégalités hommes femmes dans la tech pourront peu à peu être gommées.

Quels processus vos entreprises ont mis en place en faveur de la diversité ?

Du côté de Phenix, c'est une boîte paritaire : il y'a même un petit peu plus de femmes, dont beaucoup de femmes à des postes à responsabilité (COO B2B, DRH, Directrice Commerciale, CMO). La parité est donc respectée dans les postes de management, c'est bien 50/50. Phenix est également fier d'avoir signé le #ParentalAct qui monte la durée du congé paternité à 30 jours (avant que l'Etat lne égifère la dessus). Tous les hommes de l'équipe prennent donc un congé paternité long pour profiter de l'arrivée de leur enfant. De plus l'écriture inclusive est la norme en interne comme en externe.

Chez BackMarket une équipe culture est entièrement dédiée à ces sujets de diversité et d'inclusion. Leur mission ? Aller plus loin sur ces questions et faire toujours mieux. BackMarket est également partenaire de 50inTech le réseau qui oeuvre pour atteindre l'égalité femmes-hommes dans la Tech. Tout comme Phenix, BackMarket a signé en avant première le Parental Act qui permet au second parent de bénéficier d'1 mois de congés payés, et ils ont également mis en place un suivi au retour de grossesse pour donner de la flexibilité si besoin et s'assurer qu'aucun impact négatif n'est observé sur la carrière, l'évolution ou la promotion de la Back Makeuse. Chez Back Market avoir une vie de famille et de l'ambition c'est possible !

L'inclusion passe également par le recrutement donc tous les managers ainsi que les Back Makers impliqué·e·s dans le processus de recrutement reçoivent une formation "Diversité & Inclusion".

Où postuler lorsqu'on veut aller dans des entreprises responsables ?

Déjà pour postuler chez Phenix c'est ici, et chez BackMarket c'est là.
Jeanne nous a également partagé deux plateformes pour postuler dans des boîtes de l'ESS (elles ne sont pas toutes tech) : Jobs that make Sense et Fuyons la Défense.

Alors convaincu·e, tu veux te reconvertir dans la tech for good ? Ada Tech School propose une formation en 2 ans pour apprendre à coder au service d'une mission qui a du sens, tu peux candidater ici ! Et sinon, lance toi en autodidacte dans l'apprentissage du code avec notre kit débutant !

À propos d'Ada Tech School

Ada Tech School est une école d’informatique d’un nouveau genre. Elle s’appuie sur une pédagogie alternative, approchant le code comme une langue vivante, ainsi que sur un environnement féministe et bienveillant. Elle doit son nom à Ada Lovelace qui fut la première programmeuse de l’histoire.

L’école est située à Paris et accueille chaque promotion pour deux ans. Après neuf mois de formation les étudiants sont opérationnels et prêts à réaliser leur apprentissage - rémunéré - pendant douze mois dans une des entreprises partenaires de l’école comme Trainline, Deezer, Blablacar ou encore Botify. Aucun pré-requis technique n’est exigé pour candidater. Il suffit d’avoir plus de 18 ans. La sélection se fait en deux temps : formulaire de candidature puis entretien avec une réponse sous 2 semaines.



Claire Behaghel

Head of Growth @Ada Tech School

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