IA au travail : comment s’approprier l’outil sans s’y perdre
L’intelligence artificielle s’installe progressivement dans tous les métiers, y compris les fonctions dites “supports” : RH, gestion de projet, communication, finance, marketing, support… Contrairement à certaines idées reçues, l’IA n’est pas une baguette magique, ni un outil à adopter “coûte que coûte”.
Chez Ada Tech School, nous défendons une approche responsable, nuancée et accessible de l’IA. L’enjeu n’est pas de pousser tout le monde à utiliser ces outils en masse, mais de permettre à chacun·e de comprendre ce qu’ils changent, ce qu’ils permettent… et ce qu’ils ne permettent pas.
On dit que 70% des tâches des cols blancs pourraient être automatisées. Ce chiffre circule beaucoup, mais il mérite d’être remis en perspective : il concerne des tâches, pas des métiers, et il dit surtout de nos pratiques professionnelles qu’elles vont évoluer. Certaines missions pourront être facilitées, mais d’autres apparaîtront : cadrer, vérifier, analyser, communiquer, décider.
Autrement dit : l’IA ne remplace pas la valeur ajoutée humaine, mais elle la déplace. Et pour garder la main, il faut comprendre comment s’en servir correctement : sans naïveté, sans excès de confiance, et sans dépendance.
C’était exactement l’objectif de notre webinaire “3 astuces pour commencer à utiliser l’IA au travail”. Pour celleux qui préfèrent le format vidéo, le replay est disponible ici. Pour les autres, bonne lecture !
1. Donner du contexte : un indispensable pour éviter les réponses à côté de la plaque
Les IA génératives (ChatGPT, Claude, Mistral, Gemini…) ne “comprennent” pas comme un humain. Elles prédisent le mot le plus probable en fonction de ce que vous leur donnez. Si votre demande est floue, elles comblent les trous… et souvent de manière approximative.
Ce n’est pas un défaut technique : c’est leur fonctionnement. Et face à ce mode de fonctionnement, tous les prompts ne sont pas adaptés. Un prompt vague entraîne :
- des réponses génériques,
- des erreurs factuelles,
- des interprétations hasardeuses.
À l’inverse, un prompt situé dans un vrai contexte (votre rôle, votre objectif, votre public, vos contraintes) améliore considérablement la pertinence du résultat.
Exemple :
- « Fais-moi un plan de séminaire interne »
- « Fais-moi un plan de séminaire interne pour 200 personnes, près de Paris, budget 15 000 €, objectif cohésion d’une équipe commerciale fan de musique, publics RH / finance / tech, à organiser sous trois mois »
Dans le second cas, l’IA sait où elle est, pour quoi elle travaille, pour qui et avec quelles contraintes.
Voici la première astuce importante à retenir : l’IA n'est pas intuitive, elle est contextuelle.

La méthode CRAFT : un moyen simple de structurer une demande utile
Chez Ada Tech School, nous sommes partisan·es de la méthode de prompting CRAFT, adaptée aux personnes qui découvrent l’IA et veulent des résultats fiables. Elle consiste, pour chaque prompt, à indiquer à l’IA 5 éléments indispensables pour une réponse pertinente :
- C – Contexte : qui vous êtes, votre objectif, vos contraintes.
- R – Rôle : donner une posture à l’IA (coach, RH, juriste, chef de projet…).
- A – Action : ce que vous attendez précisément.
- F – Format : tableau ? plan ? mail ? bullet points ?
- T – Target (la cible) : à qui est destinée la réponse ?
En basant vos prompts sur ce schéma, vous vous évitez des réponses floues ou non-utilisables dans un cadre professionnel.
2. Travailler avec l’IA comme avec un·e assistant·e
L’une des erreurs les plus fréquentes lorsqu’on débute consiste à utiliser l’IA comme un moteur de recherche. Pourtant, ce n’est pas sa fonction. Grâce aux transformers, l’IA générative peut analyser un texte entier en une seule fois, comprendre les relations entre les idées, reformuler, structurer ou planifier.
L’IA devient réellement utile lorsque vous l’abordez comme un·e collègue à qui vous pouvez déléguer. Ce changement de posture permet d’adopter les réflexes essentiels : briefer, déléguer, relire, ajuster.

Exemple : clarifier une to-do list
Une utilisation pertinente de l’IA ressemble plutôt à ceci :
« Voici ma to-do list. Classe chaque tâche en urgent / important / à planifier. Propose un plan d’action clair en cinq étapes. Reformule les tâches pour qu’elles deviennent précises et actionnables. »
L’IA devient alors un copilote de priorisation et de clarté, un soutien opérationnel et non un gadget.
Trois usages réflexes pour utiliser l’IA comme un assistant
- Synthétiser : générer des notes de réunion, résumer des documents, condenser un échange.
- Reformuler : clarifier un texte, ajuster le ton, rendre un message plus diplomate.
- Planifier : transformer un objectif flou en étapes structurées.
Ces usages sont transverses et s’appliquent à presque tous les métiers.
3. Utiliser l’IA avec un esprit critique
L’IA est puissante, mais elle est loin d’être parfaite. Elle se trompe, parfois lourdement. Elle peut halluciner des faits inexacts, amplifier des biais, passer à côté de nuances importantes.
Pourquoi ? Parce que son apprentissage dépend :
- des données sélectionnées,
- de la manière dont elles ont été pondérées,
- de la logique interne de chaque modèle.
Deux IA différentes peuvent donner deux réponses différentes à la même question. C’est normal, et c’est pour cela que l’esprit critique reste essentiel.
Exemple
Demandez à plusieurs IA :
« Donne-moi la date de création d’Ada Tech School, ses campus, ses effectifs et son historique de financement. »
Vous obtiendrez des réponses variées.
L’objectif n’est pas de “chercher la bonne IA”, mais de comprendre que vérifier fait partie du métier.
Trois réflexes de base pour une IA responsable
- Recouper les informations importantes, surtout si elles sont sensibles ou factuelles.
- Interroger l’IA, demander “Sur quoi te bases-tu ?” ou “Quels éléments sont incertains dans ta réponse ?”. Consulter les sources et liens fournis.
- Gardez le dernier mot, toujours. L’IA propose, mais vous décidez.

Chez Ada Tech School, nous défendons une IA qui renforce l’autonomie, pas qui la remplace !
Conclusion : apprendre à utiliser l’IA, c’est surtout apprendre à garder la main
L’IA générative n’est pas une solution miracle : elle ne remplacera pas l’expertise humaine, et elle ne résoudra pas tous les problèmes du travail moderne.
En revanche, comprendre comment elle fonctionne, savoir prompter, et surtout adopter une posture critique permet d’en faire un outil réellement utile, sans dépendance et sans naïveté.
Pour commencer sereinement, retenez :
- Le contexte est ce qui permet d’éviter les réponses approximatives.
- L’IA peut être un bon assistant, à condition d’être cadrée et relue.
- L’esprit critique reste votre meilleur allié.
Nous pensons que l’utilisation de l’IA est un enjeu d’égalité : personne ne devrait rester à l’écart de ces nouveaux outils faute de formation ou de jargon incompréhensible. Pour découvrir les cas pratiques, les démonstrations et les exemples utilisés en direct, le replay du webinaire est disponible ici !
Si vous souhaitez approfondir ces bonnes pratiques, nous avons conçu Les Essentiels de l’IA, une formation pratique qui aide à comprendre l’IA et à l’utiliser dans son travail, sans dépendance et sans excès de confiance. Elle s’adresse à toutes les personnes qui veulent gagner en autonomie avec l’IA, quel que soit leur métier ou leur niveau technique.
