Écoles alternatives après le bac : pourquoi choisir un système d’apprentissage non traditionnel ?

Pédagogie Sep 23, 2020

On voit apparaître en France de plus en plus d’écoles alternatives. De la petite enfance à l’enseignement supérieur, ces écoles proposent des approches pédagogiques en opposition au système d’enseignement traditionnel, considéré comme beaucoup plus standardisé.

Pourquoi la création d’écoles alternatives ?

On nomme ici système traditionnel, les établissements d’enseignement qui suivent les modes pédagogiques de l’École Républicaine : cours magistraux théoriques, exercices pratiques qui suivent la théorie, classes assises face à un·e maître·sse sachant·e, validation des compétences par notes de 0 à 20 …

Ce système éducatif que nous connaissons encore aujourd’hui, a en fait été conçu lors de la révolution industrielle du XIXème siècle. Il a été pensé à cette époque dans le but de former un grand nombre de personnes jusque là non-éduquées, à être en mesure de travailler à l’usine. Pourtant aujourd’hui, malgré de grandes évolutions sociales et économiques, ce système a très peu évolué.

Si l’enseignement traditionnel a les avantages de pouvoir former à grande échelle et à faible coût, il est critiqué pour certaines de ses limites.
D’abord un système très standardisé qui ne laisse pas la place au rythme de chacun·e. Les élèves reçoivent un enseignement qui est le même pour tous, qu’ils soient premiers de classe ou en grandes difficultés. Ce manque de personnalisation engendre parfois des traumatismes ou freine le développement de certains profils qui se sentent incompris.
Deuxièmement, ce système traditionnel approche l’apprentissage comme un mécanisme descendant et relativement froid, puisque celui-ci est dicté par le professeur selon un rythme bien rôdé : théorie-pratique-théorie-pratique. Ce format a l’inconvénient d’engendrer très souvent l’écoute passive des élèves voire leur ennui et il rate, pour beaucoup, l’appropriation des savoirs. Loin d’être un plaisir, apprendre est souvent synonyme de contrainte pour beaucoup d’élèves, qu’ils soient en difficultés ou considérés comme surdoués.

Les écoles alternatives se sont donc construites en réaction à ces limites, axant leur approche pédagogique et leur philosophie de l’apprentissage sur la bienveillance et l’épanouissement de l’apprenant·e. Dans une école alternative, l’objectif final n’est pas la transmission de connaissances théoriques mais le développement de l’individu, de sa personnalité, de sa créativité, de sa connaissance de soi et l’appropriation pratique des compétences.

Quelles sont les écoles alternatives ?

On pense souvent que les écoles alternatives sont un phénomène de mode arrivé ces dernières années. Pourtant certaines d’entre elles existent depuis plus de cent ans ! Par exemple les écoles à la pédagogie Montessori (environ 1907), Freinet (environ 1920) ou Steiner-Waldord (vers 1906).

Aujourd’hui il existe de nombreuses écoles alternatives avec des spécificités pédagogiques différentes. On peut aussi distinguer les différentes écoles alternatives par leur cibles d’apprenant·es qui va de la maternelle au primaire puis au secondaire et enfin les écoles alternatives après le bac. Il est donc aujourd’hui possible de faire toute sa formation dans un système alternatif !

Les écoles alternatives les plus connues sont les écoles maternelles. Ce sont les premières à s’être fait connaître autour de l’apprentissage de la lecture et des nombres. Parmi les personnalités à l'origine d'un tel système, on peut citer : Freinet, Steiner et bien sûr Montessori. Cette dernière est sans doute la plus connue, elle a notamme inspiré : l’école M, l’école Montessori 21 etc.
Pour le primaire et le secondaire on peut nommer : l’Ecole Nova, le collège-lycée Decroly …
Enfin pour les écoles alternatives après le bac on peut bien sûr citer Ada Tech School qui se dit école Montessori de la Tech ou encore l’Ecole W en journalisme.

Les grands principes de l’école alternative

Ces écoles alternatives, bien que différentes sur certains aspects, reposent pour la plupart sur des principes communs. Ces principes ont tous pour objectifs de favoriser le développement personnalisé de l’apprenant·e et qu’il·elle se sente bien à l’école.

1) Pas de notes

Les écoles alternatives proposent des moyens de valider les compétences autrement que par les notes du système classique. En effet, les notes de 0 à 20 sont considérées comme contre-productives et arbitraires car elles tentent de traduire l’acquisition d’une compétence ou la valeur d’un travail par un nombre fixe. Les pédagogies alternatives préfèrent donc un système d’évaluation plus fin et adaptatif, notamment par l’évaluation continue, par l’auto-correction, l’évaluation entre pair ou encore par la validation de brevets de compétences, que certaines nomment aussi badges.

Par exemple, Ada Tech School a mis au point un référentiel de compétences divisé en 6 grandes familles : le code, la culture tech, la transmission, la collaboration, le produit et la connaissance de soi. Ces familles sont ensuite découpées en compétences comme par exemple prise de parole en public qui appartient à « la connaissance de soi » ou javascript qui appartient à la famille « code ».  Ces compétences sont ensuite proposées en badges d’action à valider au sein d’une plateforme d’accompagnement. Dans le cas de javascript par exemple : « je comprends ce qu’est le javascript et dans quels environnements je peux m’en servir », « j’ai écrit un programme simple en javascript », je sais utiliser un tableau et un object en javascript ». Dans le cas de la compétence « prise de parole en public » : « j’ai déjà fait une présentation à Ada », « j’ai déjà animé un atelier de code », « j’ai déjà pris la parole lors d’une conférence ». Par ce système, Ada Tech School valorise les savoirs-faire mais aussi les savoirs-être, trop souvent délaissés par le système de notation classique.

2) Apprendre par la pratique et la création

Les pédagogies alternatives ont pour objectif de rendre l’apprenant·e actif·ve lors de sa formation et le·a faire participer à l’élaboration de ses apprentissages. Aussi, elles valorisent un apprentissage par le faire (learning-by-doing) en laissant à l’apprenant·e une certaine liberté de choix sur sa façon de réaliser ses projets.

D’un côté cette méthode favorise la créativité et la participation personnalisée des apprenant·e·s : apprendre n’est ni ennuyeux, ni une contrainte. L’apprenant·e est plus concentré·e et prend du plaisir à apprendre.
De l’autre côté, en plus d’être une méthode plus passionnante, le learning-by-doing est également le meilleur moyen pour se rendre compte de ce que l’on maitrise ou pas. En effet, la pratique est la deuxième étape de l’appropriation d’un savoir et souvent en se cantonnant à la théorie on ne se rend pas compte de ses limites.

L’apprentissage par la pratique permet donc d’intégrer plus de créativité dans sa formation mais aussi de mieux retenir les compétences enseignées.

3) Favoriser l’autonomie

L’autonomie c’est la capacité à faire et avancer seul. Celle-ci est encouragée et nourrie par sa relation avec le professeur.

Dans une école alternative, le ou la professeur·e est souvent appelé·e encadrant·e ou accompagnant·e. Il·elle ne doit pas agir comme un·e sachant·e qui donne la réponse mais plus comme un·e facilitateur·rice qui montre le chemin et aide à faire seul·e. C’est une philosophie qui pourrait être résumée par cette expression « apprendre à pêcher plutôt que de se faire servir le poisson » ;)

Le professeur ne s’impose pas comme un savant mais plutôt comme un maître ignorant.

En résumé, la posture de l’encadrant·e lors des cours est d’encourager la recherche d’information par soi-même, l’apprentissage entre pair (peer-learning) ainsi que favoriser l’écoute et la connaissance de soi.

4) Mélange des âges et des niveaux

Un autre principe des écoles alternatives est de mélanger les âges et les niveaux. La courbe d’apprentissage étant individualisée, le concept de classe - au sens de celui où on l’entend dans l’école traditionnelle - n’a plus vraiment de sens.
L’école alternative est davantage un lieu, un environnement dans lequel chacun·e avance à son rythme et en s’appuyant sur les autres : débutant·e·s et confirmé·e·s.

On considère que la diversité d’âge, de maturité, d’aisance avec les savoirs est une richesse pour chacun·e. Les plus avancé·e·s/âgé·e·s consolident leurs savoirs en les expliquant aux plus jeunes/moins avancé·e·s. Ils·elles sont pour ces dernier·es des ressources supplémentaires de compréhension, apportant un autre point de vue que celui de l’encadrant·e.

En plus de favoriser l’entraide, ce format autorise une forme déguisée de redoublement.

Ecoles alternatives après le bac, pour qui sont-elles faites ?

Finalement, par leur aspect personnalisé les écoles alternatives sont adaptées à tout le monde. Elles sont faites tout particulièrement pour celles·ceux qui ressentent des frustrations face au système traditionnels. Beaucoup se sentent aujourd’hui incompris face à une grosse machine éducative qui les dévalorisent et semble parfois déconnecté des besoins de la société et des nouvelles générations.

Les écoles alternatives sont idéales pour des personnes comme les zèbres, surdouées, ou tout autre personne qui a besoin de trouver du sens dans son apprentissage, s’ennuie souvent à l’école et pense que le contact humain lui permet d’avancer et de prendre confiance en elle. De telles structures permettent à des personnes qui souhaitent grandir et se former, de trouver un environnement qui leur permet de réaliser leur plein potentiel.

L’école Ada Tech School, cherche justement par son approche alternative de permettre à de nouveaux profils de s’orienter dans l’informatique : particulièrement les femmes qui aujourd’hui évoluent dans des écoles d’informatique très masculines.


À propos d'Ada Tech School

Ada Tech School est une école d’informatique d’un nouveau genre. Elle s’appuie sur une pédagogie alternative, approchant le code comme une langue vivante, ainsi que sur un environnement féministe et bienveillant. Elle doit son nom à Ada Lovelace qui fut la première programmeuse de l’histoire.

L’école est située à Paris et accueille chaque promotion pour deux ans. Après neuf mois de formation les étudiants sont opérationnels et prêts à réaliser leur apprentissage - rémunéré - pendant douze mois dans une des entreprises partenaires de l’école comme Trainline, Deezer, Blablacar ou encore Botify. Aucun pré-requis technique n’est exigé pour candidater. Il suffit d’avoir plus de 18 ans. La sélection se fait en deux temps : formulaire de candidature puis entretien avec une réponse sous 2 semaines.

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