Back-end : témoignage de deux développeuses chez Trainline.

Tech Oct 06, 2020

Nous avons demandé à deux développeuses back-end travaillant au sein de l'entreprise Trainline, partenaire d'Ada Tech School, de nous décrire leur métier. Trainline est une entreprise côtée en Bourse dont les bureaux se partagent entre Londres, Edimbourg et Paris. Son objectif est de faciliter l’accès aux voyages en train et en bus, et encourager les voyageurs à opter pour une solution de transport plus respectueuse de l’environnement.

Ly Jia Goldstein et Marion Mère, Ingénieures Back-end, nous dévoilent ce qui se cache derrière le titre obscure de "back-end". Découvre le futur qui attend nos apprenantes !  

Peux-tu me présenter ton métier pour celles et ceux qui y sont étrangères·ers ?

Ly Jia : Je suis développeuse, et mon métier consiste à concevoir, programmer et maintenir des applications. Je suis orientée back-end, c'est-à-dire que je manipule beaucoup d'algorithmes et de données, à l'opposé du front-end où l'on s'occupe plus du graphisme, de l'ergonomie et de l'expérience utilisateur. Dans le cadre de Trainline, je m'occupe de connecter notre plateforme à nos transporteurs pour proposer leurs offres de voyage à nos clients.

Marion : En tant que développeuse chez Trainline, j'ajoute des fonctionnalités et j'améliore du code existant qui a pour but de faciliter l'accès aux billets de train et de bus aux clients. Je travaille plus particulièrement dans l'équipe back-end qui conçoit ce qui ne se voit pas directement par le client mais est indispensable pour que le site fonctionne. Nous fournissons une interface unifiée entre certains transporteurs en France et au Benelux et les équipes front-end (ce qui est visible pour le client).

Quel est ton parcours et pourquoi as-tu choisi ce métier ?

Ly Jia : Après mon bac S, j'ai suivi une formation de DUT informatique, puis une licence et enfin un master dans une école info. J'ai choisi ce métier un peu par hasard, car comme la plupart des lycéen·nes je n'avais pas encore de vocation ni de désir particulier. J'ai eu la chance de pouvoir assister pendant mon année de Terminale (en 2002-2003) à des cours de MAO (musique assistée par ordinateur) et comme je me sentais à l'aise avec les logiciels de MAO (et de traitement de texte !) je me suis dit que des études en informatique me plairaient.

Marion : J'ai commencé en DUT informatique à Lille puis j'ai étudié à Polytech Lille en cursus informatique et statistique. J'ai fait mon dernier semestre d'études à Polytechnique à Montréal puis ai intégré Trainline en stage de fin d'études. J'ai choisi ce métier parce que j'aime l'idée de chercher des solutions et implémentations à des problèmes concrets et de voir quelque chose qui fonctionne à la fin.

Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer ton métier ?

Ly Jia : L’écoute tout d’abord, pour bien cerner les besoins utilisateurs, est indispensable. Une bonne capacité d'abstraction est un gros plus. Et comme pour la plupart des métiers, savoir communiquer est un aspect à ne pas négliger.

Marion : Je dirais qu'un bon développeur doit savoir avant tout analyser la question à laquelle il essaye de répondre avant de se lancer dans une résolution. Il est important pour ça de comprendre le contexte du projet, ce qui est attendu en sortie. Il me paraît indispensable d'avoir un bon sens logique et une certaine rigueur pour que la qualité soit au rendez-vous et que le code soit robuste. Enfin, comme beaucoup de métiers, l'esprit d'équipe est nécessaire pour une bonne entente et une bonne collaboration autour d'une même base de code.

Quelle est ta journée/semaine type ?

Ly Jia : Ma journée commence généralement par une réunion de 10 minutes avec les membres de mon équipe pour rendre compte de l'avancée du sprint et se synchroniser. Le reste de la journée n'est pas réellement typé, et va se diviser entre du développement, de la communication avec d'autres équipes et éventuellement des réunions.

Marion : Je commence ma journée en répondant aux questions qui ont pu être posées sur Slack, puis je regarde s’il y a des erreurs qui sont survenues depuis la veille. Je lis aussi mes mails, je marque ceux qui sont importants et demandent un suivi ou des actions. Je réponds ensuite aux commentaires laissés par les personnes ayant relu mon code récemment. En parallèle, il m'arrive de déployer le nouveau code en production avec les changements récents apportés par l'équipe. Puis vient le moment de continuer du code en cours d'écriture ou de prendre un nouveau sujet parmi ceux prévus en réunion de planning.

Nous avons aussi instauré récemment des standups de 15 minutes 3 fois par semaine pour dire sur quoi nous travaillons, quels sont les obstacles rencontrés, si une relecture est attendue. Une semaine sur 2, nous avons une réunion transporteur pour discuter des sujets en cours, des bugs ouverts depuis la dernière réunion etc.

Tu travailles avec qui au quotidien ?

Ly Jia : Je travaille dans une équipe de 5 développeurs, mais également avec une Business Analyst (personne en charge de recueillir et prioriser les besoins/spécifications) et une testeuse.

Marion : Je travaille principalement avec les 2 personnes qui gèrent les mêmes partenaires que moi, mais aussi toute l'équipe connexion aux transporteurs en général.

Qu'est-ce qui te plaît le plus dans ton métier ?

Ly Jia : Ce qui me plait le plus dans mon métier est de pouvoir faciliter la vie des gens au quotidien.

Marion : J'aime apporter une solution concrète à un problème défini et ajouter des fonctionnalités afin de faire en sorte que plus de gens voyagent en train. J'aime pouvoir voir fonctionner ce sur quoi j'ai travaillé et savoir que cela apporte une vraie valeur au produit et donc aux clients.


Quels sont les inconvénients que tu as pu rencontrer ?

Ly Jia : En tant que développeuse back-end, je suis amenée à bien comprendre le domaine métier dans lequel j'interviens. Du coup, avec le temps, je ne pourrais plus accepter de travailler dans un domaine incompatible avec mes valeurs, même si mon métier est réputé n'être que technique. Faire du code c’est contribuer à faire évoluer la société.

Marion : Il est parfois difficile de mesurer tous les impacts d'un changement dans du code sur les autres projets. Il faut donc essayer le plus possible de normaliser, documenter, tester, communiquer, anticiper.

Une autre difficulté est le fait de devoir estimer l'ampleur de certains changements et de les expliquer ensuite à des personnes qui ne sont pas de notre domaine.

Quel est le projet qui t'as le plus marqué ?

Ly Jia : Mon stage en DUT que j'ai passé dans un CNRS ! Techniquement, le code passé de stagiaire en stagiaire était loin d'être excellent. Chaque année, une fonctionnalité était ajoutée au projet, et celle que j'ai eue à coder était le calcul de surfaces de protéines. Cela peut sembler complexe, mais en fait il s'agissait essentiellement de récupérer des fichiers textes depuis des banques de données, de traiter les données et d’y appliquer une formule mathématique. Ce qui m'a beaucoup plu est que j'ai pu mettre à contribution mes (maigres à l’époque) compétences techniques pour une application concrète et utile pour les chercheuses de l'équipe.

Marion : J'ai observé la mise en place de TGVmax (abonnement pour les 16-27 ans qui leur permet de voyager aussi souvent qu’ils le souhaitent) d'un œil de novice après quelques mois chez Trainline, fin 2016. Ma participation était plus que limitée sur ce projet à l'époque, mais tout devait être prêt en très peu de temps pour un lancement public à une date définie par le transporteur. C'était incroyable de voir chaque équipe savoir quoi faire, se coordonner efficacement afin d'être prêt dans les temps.

Qu'est-ce que ça implique d'être une "women in tech" ?

Ly Jia : Cela m'a beaucoup poussée à m'intéresser aux mouvements féministes et anti-racistes pour comprendre comment tendre vers un environnement le plus inclusif possible.

Marion : C'est une bonne question, il est difficile de savoir ce qui dans mon parcours est une conséquence du fait d'être une femme dans la tech ou juste lié à ma personne et personnalité. Je sais que je n'ai pas la culture geek ou informatique classique de la majorité des développeurs, ça me manque parfois mais c'est comme ça, on est tous uniques et la diversité apporte autre chose. Il est possible qu'une certaine réserve ou timidité n'aide pas à évoluer vers d’autres postes. L'important est d'en être consciente et de trouver des leviers pour que cela change.

Un conseil pour un·e futur·e développeur·se ?

Ly Jia : Coder c'est fun et j’adore cela, mais je conseille d’avoir également une diversité d’activités à côté pour garder une bonne ouverture d’esprit, indispensable dans ce métier.

Marion : C'est assez générique mais ça reste indispensable : comprends ce que tu fais, dans quel but, fais-le bien, accepte la critique, apprends à relire le travail d'autres gens et quand tu seras à l'aise avec tout ça, essaye de faire profiter d'autres personnes de ton expérience.

Merci à Marion et Ly Jia pour leur témoignage !

Si tu es intéressé·e par le métier de développeur·se (back-end et/ou front-end), n'hésite pas à visiter notre site et à poser toutes les questions que tu souhaites !


À propos d'Ada Tech School

Ada Tech School est une école d’informatique d’un nouveau genre. Elle s’appuie sur une pédagogie alternative, approchant le code comme une langue vivante, ainsi que sur un environnement féministe et bienveillant. Elle doit son nom à Ada Lovelace qui fut la première programmeuse de l’histoire.

L’école est située à Paris et accueille chaque promotion pour deux ans. Après neuf mois de formation les étudiants sont opérationnels et prêts à réaliser leur apprentissage - rémunéré - pendant douze mois dans une des entreprises partenaires de l’école comme Trainline, Deezer, Blablacar ou encore Botify. Aucun pré-requis technique n’est exigé pour candidater. Il suffit d’avoir plus de 18 ans. La sélection se fait en deux temps : formulaire de candidature puis entretien avec une réponse sous 2 semaines.































Juliette Leroux

Chargée de Communication

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