Top 10 des illustratrices féministes à suivre sur Instagram

Féminisme oct. 08, 2021

Ces dernières années, le réseau social Instagram a grandement contribué à la révolution sexuelle numérique. Outre les comptes militants et les associations, des illustratrices féministes ont pris le crayon et la tablette pour affirmer haut et fort leurs convictions.

Malgré une censure parfois absurde sur la plateforme, Instagram reste une vitrine de premier choix pour ces dessinatrices. Elles ont décidé de s’en emparer pour sensibiliser et changer les codes de notre société sexiste.

Grâce au dessin, elles passent entre les mailles des algorithmes interdisant d’afficher la nudité, les tétons ou les règles des femmes… Un pied de nez engagé, militant, pédagogique ou poétique.

Focus sur 10 illustratrices féministes à suivre absolument !

1. Vic Oh : ode au féminin sacré @ohvicoh

Peuplées de références mystiques et tribales, les illustrations féministes de la jeune franco-mexicaine transpirent la spiritualité.

Artiste autodidacte, elle a étudié l’Histoire de l’Art à la Sorbonne et à San Francisco. Après avoir été désenchantée par ses différentes expériences professionnelles dans le milieu de l’art contemporain, elle replonge vers son premier amour : le dessin. Très vite, en 2016, elle intègre la résidence artistique du 59 Rivoli, où tu peux découvrir son travail grandeur nature.

Vic Oh célèbre le féminin sacré, sauvage, libre. Les figures archétypales de la sorcière, de la déesse ou de la guerrière incarnent la femme en harmonie avec la Nature, indépendante et capable. Loin des stéréotypes de la féminité fragile, elle véhicule à toutes les femmes un message universel d’empowerment.

Pour Vic Oh, l’art est une thérapie. Il permet de se reconnecter aux éléments, aux cycles de la Lune, à sa propre respiration. Ses dessins riches en détails se contemplent de longues minutes sans totalement s’appréhender. Ils titillent notre imaginaire !

Elle a illustré de ses esquisses ésotériques l’opus astroféministe de Stéphanie Lafranque, « Gardiennes de la Lune ».

Le féminin sauvage relie toutes les femmes sans différence d'origine, religion, traditions ou formes. Il permet de reconnecter aux sagesses et pratiques primaires et ancestrales. - Vic Oh

Cachée, honteuse, la vulve a longtemps vécu dans l’ombre de sa paire, le vagin. Il aura fallu du courage et de la persévérance pour délier les langues à son sujet, pour porter les regards vers son antre. Pas assez ceci ou trop cela, la vulve incarnait une source d’angoisses et de complexes. Surtout, elle souffrait de son inadéquation face au modèle véhiculé par le porno...

Si de nombreuses filles et femmes se sentent aujourd’hui plus à l’aise avec leur sexe, c’est notamment grâce à la diffusion du travail d’artistes telles qu’Hilde Atalanta. Hilde Atalanta est une illustratrice féministe hollandaise. Elle a créé la fameuse « Vulva Gallery », une collection de dessins représentant les vulves qu’elle a reçues grâce à des témoignages photographiques.

Il y a encore quelques années, rares étaient les parties de l’anatomie aussi taboues que l’était le sexe féminin, inexistant sur les réseaux sociaux comme dans les manuels scolaires. Tu peux désormais admirer l’incroyable variété de vulves existant sur Terre grâce au coup de crayon bienveillant de cette artiste queer et non binaire.

Son œuvre implique plus généralement les notions d’identité de genre, de sexualité et d’inclusivité. Prônant à la fois le body positive et une éducation sexuelle accessible à tou·te·s, la Vulva Gallery est d’utilité publique !

Célébrons la diversité et montrons que chaque vulve est belle ! - Hilde Atalanta

3. Zainab Fasiki : oser le féminisme dans la culture arabe @zainab_fasiki
   

L’illustratrice féministe marocaine Zainab Fasiki est déterminée à briser les tabous qui entourent la femme dans la culture arabe. Native de Fès, elle étudie à l'École nationale supérieure d'électricité et mécanique (ENSEM) de Casablanca avant d’obtenir un diplôme de bédéiste et illustratrice. En 2017, elle intègre le collectif de bande dessinée marocain Skefkef et publie une première bande dessinée féministe, Omor, où elle dénonce le harcèlement et les inégalités homme-femme.

En postant pour la première fois un dessin de son corps nu sur les réseaux sociaux, Zainab Fasiki se heurte à un torrent de haine culpabilisante. Mais la super-héroïne qui n’a pas froid aux yeux surfe sur la vague du hashtag #TeAnaMeToo, la version marocaine de #metoo.

Elle initie ainsi une amorce inédite dans la libération sexuelle féminine et crée un collectif d’artistes femmes, Women Power. Elle retranscrit les histoires vraies des Marocaines, leurs traumas, et brise l’un des tabous les plus tenaces du monde arabe : le viol, l’inceste. Elle agit contre la culture du viol, contre la culture de la honte.

En 2019, elle publie une bande dessinée engagée, Hshouma (La Honte), un plaidoyer « pour la liberté des mœurs, de la sexualité, de l'amour, et [qui] dénonce une société corsetée, génératrice de frustrations et de violences ». L'œuvre « se moque d'un masculinisme hypocrite et effrayé par les corps, faisant fi des canons de beauté imposés par les autres, les hommes ».

Mon objectif est d’aider dans la libéralisation des femmes MENA (Afrique du Nord et Moyen-Orient) des pressions familiales et du contrôle de la société et des médias. -  Zainab Fasiki

4. Marine Spaak : dénoncer le sexisme ordinaire @dansmontiroir

Avant d’être une illustratrice féministe, Marine Spaak était une ingénieure diplômée d’AgroParisTech, dotée également d’un master d’anthropologie. Elle a trouvé dans le dessin le moyen de relier les expériences de sa vie intime aux questions sociétales.

Ses dessins illustrent incontestablement l’histoire de nombreuses femmes. Elle y parle de l’effet Matilda, du plafond de verre, du syndrome de la Schtroumpfette comme de l’injonction à l’épilation. Ce sont ces réalités banalisées qu’elle pointe du doigt – ou du crayon – pour éveiller les consciences.

Sur son blog et compte Instagram baptisé Dans mon Tiroir, Marine Spaak s’attèle ainsi à décrypter les situations de sexisme ordinaire. En 2019, le recueil d’illustrations féministes a donné naissance à son premier album BD, Sea, sexisme and sun.

Avec ce livre, je veux dire que ce n’est pas parce que quelque chose est habituel, que c’est normal. Il faut garder l’esprit critique ! - Marine Spaak

5. Cécile Dormeau : décomplexer le corps féminin @cecile.dormeau
   

Cécile Dormeau met sens dessus dessous les diktats de l’idéal féminin. Sur son compte Instagram, l’illustratrice féministe se fait un plaisir de représenter les corps de femmes dans toute leur diversité. Très jeune, elle fait un constat sans appel : toutes les femmes (ou presque) entretiennent un rapport conflictuel avec leur apparence. Sœurs, amies, inconnues, toujours la même rengaine : le corps est un ennemi imparfait.

Elle-même prise dans l’étau des complexes dès l’adolescence, elle décide de mettre son art au service d’un objectif : l’acceptation de soi. Elle enrobe alors ses esquisses d’un trait d’humour bien trouvé pour redéfinir la notion de beauté. Femmes poilues, tatouées, handicapées, boutonneuses, rondes, ridées, transpirantes, vulgaires, timides… Bienvenues, vous êtes toutes "normales" !

Contre une société violente et aliénante, Cécile Dormeau a souhaité faire de ses illustrations féministes un "câlin virtuel", une safe place source de réconfort. Elle questionne nos rapports à notre corps en le dédramatisant, car le rire est un premier pas vers l’acceptation de soi.

On ne voit jamais de femmes avec des bourrelets, des poils ou des vergetures dans les médias, donc on a tendance à penser qu’on est horrible si on en a. Je voulais juste dessiner les filles comme elles sont. - Cécile Dormeau

6. Laura Klinke : les femmes et les animaux d'abord @lauraklinke_art

Il n’est pas rare de trouver chez les féministes une convergence de luttes. Pour l’allemande Laura Kinkle, l’oppression des femmes est inacceptable, au même titre que celles des animaux. L’illustratrice féministe vegan alimente ainsi son feed Instagram et son e-shop de dessins engagés envers ces deux causes qui lui tiennent à cœur.

Elle célèbre l’amour de soi, de l’autre, la sororité et l’empathie envers tout être-vivant. Ses illustrations aux traits fins - souvent des portraits - sont accompagnées de phrases inspirantes, reflets de ses intimes convictions.

Elle scande volontiers « Always remember that you are worthy of love » ou « I just think animals don’t deserve to die for us », dans l’espoir de faire germer des graines de positivité dans l’esprit du plus grand nombre.

7. Blanche Sabbah : entre le trait d'humour et la vulgarisation militante @lanuitremueparis

Blanche Sabbah, alias La Nuit Remue Paris sur Instagram, est une illustratrice féministe formée à l’école de BD de l’Académie Brassart Delcourt. Elle a également suivi un cursus universitaire en arts et littérature à Paris Diderot et en art et sociologie à l’EHESS.

À travers le dessin, elle a trouvé le moyen d’exprimer sa vision du monde, de dénoncer les injustices et inégalités qui la révoltent. Elle aborde la réalité avec une pointe d’humour et vulgarise des notions militantes féministes telles que l’agisme, le double standard, le revenge porn, l’avortement ou les thérapies de conversion.

Blanche Sabbah est également la dessinatrice du logo du mouvement Collages Féminicides Paris, dans lequel elle s’est personnellement engagée !

J’essaye d’être rigolote, de passer par la dérision, la simplification, la caricature. Je trouve que c’est comme ça que ça rentre mieux. Et ça fonctionne, je reçois tellement de messages de gens qui me disent qu’ils ont mieux compris certains sujets aussi grâce au format. - Blanche Sabbah

8. Maude Bergeron : focus sur le féminisme et la santé mentale @lesfoliespassageres

Autrice et illustratrice féministe québécoise, Maude Bergeron crée Les folies passagères en 2016. Dans ce compte Instagram devenu également une maison d’édition indépendante, elle publie des créations féministes queers, artistiques et littéraires.

Maude Bergeron et son binôme Bonnie Braun offrent ainsi une plateforme de diffusion inclusive, où les personnes marginalisées peuvent voir leurs œuvres publiées.

La galerie Instagram est une mine de dessins épurés, dont les tons pastel adoucissent les thématiques douloureuses que sont la grossophobie, le viol, l’homophobie ou la santé mentale. Des slogans percutants ou réconfortants accompagnent les dessins : « Tellement désolé·e que ma graisse te dérange (ou pas) », « Pleurer n’est pas synonyme de faiblesse ».

Toutes les corpulences, pilosités, couleurs, orientations sexuelles, états de santé, toutes les expériences de vie sont ici valides. Et ça fait du bien.

Dans sa boutique, tu trouveras des agendas, des romans, des carnets de coloriage, des totebags, pins et autres goodies. Les créations graphiques de Maude Bergeron se déclinent à merveille sur tous types de supports !

Tu as le droit de dire non, de penser à toi et de mettre ton bien-être en priorité ! - Maude Bergeron

9. Annick Kamgang or Kam : l'illustratrice afroféministe et humaniste @annickkamgang

Annick Kamgang, surnommée Kam, se définit comme artiviste : une artiste activiste. Née à Yaoundé au Cameroun, l’illustratrice est fortement inspirée par les événements politiques ayant secoué son pays natal. Sa vocation de dessinatrice trouve ainsi racine dans les injustices vécues durant la dictature d’Afrique centrale, auxquelles elle oppose les valeurs de la démocratie, de la liberté d’expression et d’émancipation des peuples africains.

Sous sa casquette de dessinatrice de presse, elle collabore notamment avec Jeune Afrique, Le Monde Édition Afrique, L'Express ou encore Peuples Solidaires. Ses dessins abordent les sujets d’actualité tantôt avec légèreté, tantôt avec gravité. Armée de ses crayons, de papier et d’une tablette, elle met en image les bavures policières, des manifestantes africaines poings levés ou les violences basées sur le genre.

En 2018, elle publie sa première bande dessinée Lucha, chronique d'une révolution sans armes au Congo, co-réalisée avec la journaliste Justine Brabant et en collaboration avec Amnesty International. Elle parle du combat de "Lucha", un mouvement de jeunesse citoyen en RD Congo qui lutte pour les droits humains et qui subit la répression des autorités. Afroféministe et humaniste, Annick Kamgang se bat pour les droits fondamentaux, tout simplement.

10. Margaux Reinaudo : l’illustratrice féministe qui n'a pas la langue dans sa poche @gomarku

Des dessins simples, lisibles aux textes incisifs : voici l’univers de Margaux Reinaudo, alias Gomarku. Graphic designer et illustratrice féministe, la jeune parisienne explore les injustices et absurdités de notre société d’un coup d’œil affûté.

Ses saynètes au ton tantôt sarcastique, tantôt philosophe, sont la manifestation graphique de ses observations quotidiennes, dans son entourage comme dans la rue.

Son arme à elle ? Les phrases crues, loin de la bien-pensance. Elle illustre nos pensées profondes avec une répartie rafraîchissante. Le gros pervers de grand méchant loup dans le Petit Chaperon Rouge, le FDP qui drogue les filles à leur insu... tous y passent.

Je fais partie de cette génération qui n’a plus peur des tabous que provoquent certains sujets, et qui souhaitent s’élever contre des choses qui paraissent normales mais qui ne le sont pas du tout. - Margaux Reinaudo

Grâce aux réseaux sociaux, les illustratrices féministes inspirantes fleurissent et diffusent leur travail militant au plus grand nombre.

Si toi aussi, tu souhaites t'engager à ton échelle et que la programmation informatique t'intéresse, n'hésite pas à t’inscrire à l’école de code féministe Ada Tech School !

À propos d'Ada Tech School

Ada Tech School est une école d’informatique d’un nouveau genre. Elle s’appuie sur une pédagogie alternative, approchant le code comme une langue vivante, ainsi que sur un environnement féministe et bienveillant. Elle doit son nom à Ada Lovelace qui fut la première programmeuse de l’histoire.

L’école est située à Paris et accueille chaque promotion pour deux ans. Après neuf mois de formation les étudiants sont opérationnels et prêts à réaliser leur apprentissage - rémunéré - pendant douze mois dans une des entreprises partenaires de l’école comme Trainline, Deezer, Blablacar ou encore Botify.

Aucun prérequis technique n’est exigé pour candidater. Il suffit d’avoir plus de 18 ans. La sélection se fait en deux temps : formulaire de candidature puis entretien avec une réponse sous 2 semaines !

Joana Durbaku

Chargée de contenus

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