Informatique : ces femmes qui ont marqué l'Histoire

Tech oct. 04, 2021

Qui sont les femmes qui ont marqué l’Histoire de l’informatique ?

Si tu connais les grands noms masculins tels que Bill Gates ou Steve Jobs, il y a fort à parier que tu n’as pas entendu parler des 10 femmes pionnières de l’informatique que nous aimerions te présenter dans cet article.

L’effet Matilda, phénomène selon lequel les femmes sont les oubliées de l’Histoire, tend fort heureusement à se dissiper. Grâce aux études d’archives et aux articles de vulgarisation, ces informaticiennes et mathématiciennes sortent de l’ombre pour (re)trouver la reconnaissance qui leur est due.

En véritable rôles modèles, elles incarnent ce que l’informatique a cessé d’être au fil des ans : un domaine éminemment féminin. Les découvertes de ces femmes inspirantes déterminent encore aujourd’hui nos usages technologiques. À tel point que l’on considère que les femmes sont l’avenir de la tech

Focus sur 10 femmes pionnières qui ont changé l’informatique !

1. Ada Lovelace (1815 – 1852, Royaume-Uni) :  première femme programmatrice

inspirante femme informatique
Ada Lovelace, première femme programmatrice informatique

Ada Lovelace est la femme à l’origine de la machine considérée comme le tout premier ordinateur.

Pionnière d’importance capitale en informatique, la comtesse Lovelace, fille du poète anglais Lord Byron, a été incitée à étudier les mathématiques par sa mère, Annabella Milbanke. La science des nombres anime très vite la jeune fille, qui se prend de passion pour cette forme d’expression lui permettant d’exprimer sa créativité.

Alors âgée de seulement 17 ans, elle fait la rencontre de son confrère londonien et mathématicien Charles Babbage, avec qui elle développe une machine analytique destinée à résoudre des problèmes mathématiques. Ada Lovelace élabore des théories sur le concept de la boucle et écrit les premiers algorithmes exécutés par la machine.

Un langage de programmation développé dans les années 1980 a été baptisé « Ada », en hommage à la première programmeuse informatique de l’Histoire. Une source d’inspiration plus que centenaire !

2. Ida Rhodes (1900 – 1986, États-Unis) :  créatrice du langage informatique C-10

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Ida Rhodes, créatrice du langage informatique C-10

D’origine ukrainienne, Ida Rhodes, née Hadassah Itzkowitz, a immigré aux Etats-Unis en 1913. Elle a étudié à l’Université de Cornell, où elle a obtenu une licence et une maîtrise en mathématiques en 1923, avant de poursuivre à l’Université de Columbia en 1930. Elle rejoint le Mathematical Tables Project en 1940, sous le mentorat de Gertrude Blanch.

Au début des années 1950, Ida Rhodes conçoit avec Betty Holberton le langage de programmation C-10 pour l’UNIVAC I, l’ordinateur du Bureau de recensement des Etats-Unis. La mathématicienne américaine est aussi reconnue pour avoir conçu l’ordinateur utilisé par la Social Security Administration et pour avoir contribué à la traduction automatique des langues naturelles, principalement du russe vers l’anglais.

Le ministère du Commerce lui a décerné une médaille d'or pour "son rôle de pionnière et ses contributions exceptionnelles au progrès scientifique de la nation dans la conception fonctionnelle et l'application de l'équipement de calcul numérique électronique". Une belle reconnaissance de son vivant pour cette pionnière de l’analyse des systèmes de programmation !

Après avoir pris sa retraite, Ida Rhodes a voyagé à travers le monde pour donner des conférences inspirantes et diffuser son savoir.

3. Grace Hopper (1906 – 1992, États-Unis) : la reine du logiciel

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Grace Hopper, la reine du logiciel

Surnommée « queen of software » par le journaliste David Letterman, Grace Hopper était informaticienne et officier de la marine américaine.

Diplômée en mathématiques à l’Université de Yale et réserviste de la Navy, Grace Hopper a elle aussi contribué au développement de l’UNIVAC. Sa carrière est parsemée de grandes réalisations inspirantes. Elle est la première programmatrice de l’ordinateur Harvard Mark I et a notamment inventé le COBOL (COmmon Business Oriented Language) en 1959. Ce langage a rendu possible d’entrer des commandes directement en anglais, simplifiant ainsi le code.

Le COBOL est inspiré du langage Flow-Matic, qu’elle avait inventé quelques années plus tôt, et reste encore aujourd’hui le langage de prédilection des institutions bancaires internationales et des systèmes de gestion administratifs.  

Elle reçoit en 1991 la National Medal of Technology par le président George Bush et en 2016, Barack Obama lui décerne la Médaille Présidentielle de la Liberté.

Fun fact, c’est la première personne à employer le terme de « bug » pour décrire un problème technique dans un système informatique. À l’origine, il s’agissait d’un véritable insecte introduit dans l’ordinateur et découvert par Grace Hopper.

4. Hedy Lamarr (1914 – 2000, Autriche) : précurseure du Wi-Fi

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Hedy Lamarr, précurseure du Wi-Fi

Si tu lis cet article aujourd’hui, c’est en partie grâce à Hedy Lamarr. Actrice hollywoodienne passionnée d’ingénierie informatique, Hedy Lamarr est considérée comme étant une précurseure du Wi-Fi.

Durant la Seconde Guerre Mondiale, elle met au point avec le musicien George Antheil un système secret de communication appliqué aux torpilles radioguidées au service de la Navy. Autrement dit, cette technologie permettait de rendre une attaque sous-marine difficilement repérable par les ennemis.

Sa méthode était fondée sur le principe d’étalement de spectre par saut de fréquence. Le signal d’information était ainsi diffusé sur différentes fréquences radio, compliquant son interception. Ce système est encore utilisé dans la plupart des transmissions militaires cryptées.

Last but not least, il s’agit de l’ancêtre de ces technologies dont on ne peut plus se passer aujourd’hui : le GPS, le Bluetooth, et le Wi-Fi !

From Extase to Wifi, un documentaire sorti en 2018, retrace l’histoire inspirante d’Hedy Lamarr.

5. Karen Spärck Jones (1935 – 2007, Royaume-Uni) : précurseure de Google et de l'intelligence artificielle

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Karen Spärck Jones, précurseure dans l'IA

Karen Spärck Jones, informaticienne britannique et programmeuse autodidacte, a travaillé dans les domaines de l’intelligence artificielle, et plus principalement dans celui du traitement automatique du langage naturel dès les années 1980.

Durant ses études en histoire et en philosophie, elle rencontre la responsable de l’Unité de recherche linguistique de Cambridge, Margaret Masterman, avec qui elle travaille pour faire comprendre aux ordinateurs le langage humain.

Elle est ainsi à l’origine du concept de fréquence de document inverse, dont la technologie se trouve au fondement des moteurs de recherche modernes tels que Google ! Grâce à ses recherches sur les systèmes intelligents dans le cadre du programme britannique Alvey, elle a permis une grande avancée dans les projets sur l’IA.

En 1994, elle est nommée présidente de l’Association de linguistique informatique. Comble de la consécration : elle reçoit en 2007 la médaille Lovelace de la British Computer Society, attribuée aux personnes qui ont fait progresser l'informatique.

6. Jean Bartik (1924-2011, Etats-Unis) : les ENIAC Girls, programmatrices d'élite

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Jean Bartik et les ENIAC Girls

En 1943, durant la seconde guerre mondiale, l’armée américaine se lance dans la création du premier ordinateur électronique au monde. L’Université de Pennsylvanie appelle six mathématiciennes à concevoir le code d’ENIAC (Electronic Numerical Integrator and Computer).

Elles s’appelaient Betty « Jean » Bartik, Betty Holberton, Marlyn Meltzer, Ruth Teitelbaum, Kay Mauchly Antonelli et Frances « Fran » Spence. Chacune avait un parcours différent mais toutes étaient réunies par une passion commune pour les mathématiques. Lorsqu’elles se lancent dans cette mission, elles partent de zéro, sans connaissances particulières en langages informatiques.

Ces programmatrices d’élite sont chargées de coder l’ordinateur dont l’objectif était d’optimiser la trajectoire des missiles de guerre en un temps record. La machine devait remplacer les centaines de femmes qui calculaient les trajectoires manuellement.

Longtemps oubliées, elles accèdent finalement à la postérité en 1997 lorsque Jean Bartik est décorée du prix des pionniers en Informatique, puis en 2013, grâce à un documentaire inspirant qui leur est consacré.

7. Adele Goldberg (1945 –, États-Unis) : programmatrice du langage Smalltalk

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Adele Goldberg, programmatrice du langage Smalltalk

Adele Goldberg, informaticienne américaine, a eu une influence majeure dans la conception des ordinateurs modernes.

Alors qu’elle travaillait au Palo Alto Research Center (PARC) dans les années 1970, elle a participé au développement du langage de programmation Smalltalk-80 et de concepts liés à la programmation orientée objet. Cette technologie est rapidement devenue fondamentale dans la création des interfaces graphiques grâce à son format novateur.

Ce langage a été utilisé par Apple dans la programmation du premier modèle de Macintosh. Toutefois, Adele Goldberg a publiquement déploré avoir été forcée de faire une démonstration de ses travaux à Steve Jobs et à son équipe, qui se sont bien évidemment emparés de ses idées de génie...

Son rôle de pionnière dans le développement de l’ingénierie logicielle moderne fait d’elle l’une des nombreuses femmes inspirantes oubliée par l’Histoire de l’informatique.

8. Margaret Hamilton (1936 –, États-Unis) : programmatrice des logiciels Apollo

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Margaret Hamilton, programmatrice des logiciels Apollo 

Margaret Hamilton est la femme à l’origine du premier pas de l’homme sur la Lune. En effet, c’est le code informatique mis en place par l’informaticienne américaine qui a permis le succès de la mission Apollo 11 en 1970. C’est notamment grâce à ses programmes que le vaisseau a pu auto-corriger une menace informatique et réussir son alunissage.

Comment en est-elle arrivée là ? Margaret Hamilton, diplômée en mathématiques, a intégré le Massachusetts Institute of Technology où elle a développé des programmes de prévisions météorologiques. Grâce au succès du projet SAGE, elle est recrutée par la NASA en 1960, alors âgée de 24 ans. C’est dans le cadre de son poste de directrice du département de génie logiciel qu’elle se voit confier la programmation des logiciels d’Apollo 11.

Sa carrière jouera un rôle important dans l’évolution de l’ingénierie logicielle, qui n’était alors qu’à ses balbutiements. Elle continuera de travailler sur les missions Apollo et sera décorée en 2003 par l’Exceptionnal Space Act Award de la NASA.

9. Joan Clarke (1917-1996, Royaume-Uni) : cryptanalyste de la seconde guerre mondiale

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Joan Clarke, cryptanalyse de la seconde guerre mondiale

Joan Clarke, cryptologue britannique, est célèbre pour sa participation au décryptage de la machine Enigma.

La machine, créée par Arthur Scherbius en 1919, était destinée à coder les communications du Troisième Reich durant la seconde guerre mondiale. C’est donc en pleine guerre navale entre le Royaume-Uni et l’Allemagne nazie que Joan Clarke met à profit ses connaissances informatiques.

La mathématicienne, qui a étudié à Cambridge, collabore avec Alan Turing et son équipe dans la création de la machine « The Bomb », l’un des premiers ordinateurs de l’histoire qui permit de déchiffrer la communication nazie. Elle devient rapidement l’une des meilleures pratiquantes de la cryptanalyse.

Grâce à ses travaux, elle fut décorée en 1947 et faite membre de l'Ordre de l'Empire britannique. Son histoire inspirante est retracée dans le film Imitation Game, sorti en 2014.

10.  Roberta Williams (1953 –, États-Unis) : créatrice du premier jeu d’aventure graphique

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Roberta Williams, créatrice du premier jeu d’aventure graphique 

Longtemps considéré comme masculin, le milieu du gaming compte néanmoins des femmes parmi ses pionnier·e·s. L’une d’elle est à l’origine du premier jeu d’aventure graphique. Il s’agit de Roberta Williams.

La créatrice de jeu-vidéo américaine a mis au point Mystery House en 1980, avec son mari Ken Williams. Autrefois en mode texte uniquement, le monde du jeu-vidéo est alors propulsé dans une nouvelle dimension.

Depuis lors, et face au succès de son jeu, Roberta Williams et son compagnon montent leur entreprise, On-Line Systems. On leur doit notamment les fameux King’s Quest ou Dark Crystal.

Son travail d’écriture et de design du jeu-vidéo représente un véritable tournant dans le secteur du gaming et a inspiré de nombreuses générations. Le couple retraité a d'ailleurs fait son grand retour en juin 2021 avec le projet The Secret.

Où sont passées les femmes dans l’informatique aujourd’hui ?

Comment rendre l'informatique aux femmes selon Isabelle Collet

Nous n’en avons sélectionné que 10, mais les femmes pionnières dans l’histoire de l’informatique sont nombreuses.

Pourquoi, de nos jours, les femmes semblent avoir disparu de l’informatique ?

C’est la question que se pose Isabelle Collet dans Les oubliées du numérique. Elle y révèle l’importance majeure du rôle féminin dans l’informatique, ainsi que les raisons de son déclin.

Une chose est sûre, ce n’est pas une fatalité, et les femmes sont plus que jamais décidées à réinvestir le milieu de l’informatique.

Si toi aussi, tu souhaites te lancer dans le monde merveilleux de la programmation, tu peux t’initier au code en téléchargeant notre kit débutant, ou t’inscrire à l’école de code féministe Ada Tech School !

À propos d'Ada Tech School

Ada Tech School est une école d’informatique d’un nouveau genre. Elle s’appuie sur une pédagogie alternative, approchant le code comme une langue vivante, ainsi que sur un environnement féministe et bienveillant. Elle doit son nom à Ada Lovelace qui fut la première programmeuse de l’histoire.

L’école est située à Paris et accueille chaque promotion pour deux ans. Après neuf mois de formation les étudiants sont opérationnels et prêts à réaliser leur apprentissage - rémunéré - pendant douze mois dans une des entreprises partenaires de l’école comme Trainline, Deezer, Blablacar ou encore Botify.

Aucun prérequis technique n’est exigé pour candidater. Il suffit d’avoir plus de 18 ans. La sélection se fait en deux temps : formulaire de candidature puis entretien avec une réponse sous 2 semaines !

Joana Durbaku

Chargée de contenus

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