Le syndrome de la bonne élève : c'est quoi et comment s'en sortir ?

Féminisme juil. 07, 2021

En quoi être une « bonne élève » serait un « syndrome » ? N’est-ce pas quelque chose d’encourageant et de valorisant ? Au premier abord, oui !

Cependant, toujours viser la perfection peut vite se retourner contre soi. Dans le souci démesuré d’être appréciée et reconnue, la personne atteinte du syndrome de la bonne élève est à la merci du jugement d’autrui.

Nous allons donc te parler dans cet article des « effets secondaires » qui touchent les ultra-perfectionnistes. En effet, le syndrome de la bonne élève cache des travers qu’il est important d’identifier et de déceler.

Bien qu’il n’existe pas de diagnostic psychologique clinique pour le syndrome de la bonne élève, il s’agit d’une réalité massivement éprouvée. C’est un ensemble de traits de caractère et de comportements répétés visant l’excellence à toute épreuve. Pour les personnes concernées, c’est un fléau dont il est difficile de se détacher.

Tu dois aussi te demander pourquoi nous adoptons cette expression au féminin. Bien entendu, le syndrome se décline aussi au masculin. Mais des études en psychologie et sociologie ont démontré que le phénomène touche majoritairement les femmes. Nous t’en détaillons les raisons un peu plus bas !

Cet article est fait pour toi, si :

  • Tu souhaites comprendre le syndrome de la bonne élève
  • Tu te demandes pourquoi il touche principalement les femmes
  • Tu aimerais savoir si tu es concernée
  • Tu recherches des solutions pour en sortir

D’où vient le syndrome de la bonne élève ?

La plupart du temps, le syndrome de la bonne élève se forge dès le plus jeune âge.

Sur les bancs de l’école traditionnelle, les enfants apprennent à obéir et à se taire. Les plus sages sont récompensés, les autres punis. Les plus impliqués obtiennent les félicitations, et les autres, un blâme.

Cette vision binaire du bien et du mal dans le cadre scolaire est renforcée par la pression familiale. Il arrive que les parents usent de leur autorité pour soumettre leur enfant à un niveau d’exigence très élevé. L’enfant se sent alors investi d’une mission à laquelle il ne peut pas faillir : être parfait.

Ce schéma sera ensuite mécaniquement reproduit dans toutes les sphères de sa vie, au travail ou bien dans le couple.

La personnalité de l’enfant joue parfois un rôle sur l’intensité du syndrome. Un enfant au caractère naturellement téméraire sera naturellement moins impacté qu’un enfant particulièrement sensible.

Finalement, le syndrome du bon élève résulte d’un déséquilibre dans le développement psychologique d’une personne. Comment bien se connaître et s’estimer si l’on a toujours agi pour les autres et non pas pour soi ?

Ainsi brimé, l’enfant se retrouve bloqué dans le rôle qui lui est assigné. Et dans notre société, ces rôles sont fondamentalement genrés.

L'orientation scolaire dépend-elle du genre ? Un webinar signé Ada Tech School et Marion Monnet

Le syndrome de la bonne élève, un stéréotype sexiste ?

« Tous les biais et stéréotypes dans lesquels sont éduquées les femmes rejaillissent aussi dans le milieu professionnel : parce qu’on leur a appris à être sages et plaire aux autres, elles ont du mal à se mettre en avant, à réseauter de façon décomplexée, à prendre la parole pour dire ce qu’elles veulent vraiment.

Elles prennent moins de risque car elles ont peur d’échouer et de ne plus être parfaites. Par-dessus cela, elles supportent encore une charge domestique lourde, qui les détourne de leurs ambitions. »

Lucile Quillet, journaliste et auteure du livre de coaching "Libre de prendre le pouvoir sur ma carrière"

L’éducation joue un rôle considérable dans la manière dont nous nous construisons. Dans une société patriarcale, les filles sont encouragées à être aimables, douces, dociles, silencieuses, conciliantes. Mais aussi à respecter les règles sans faire de vagues...

A contrario, les garçons sont incités à être indépendants, à défier l’autorité sans grande répercussion, à oser s’affirmer et être forts. Les clichés ont la vie dure !

Par conséquent, les filles réussissent mieux que les garçons à l’école. Elles ne sont pourtant pas fondamentalement plus intelligentes, et les garçons peuvent être tout aussi studieux. Ces derniers sont toutefois largement majoritaires dans les postes de cadres.

Heureusement, les mythes entourant les qualités viriles et féminines tendent de plus en plus à être déconstruits. Nous te conseillons à ce sujet la lecture de l’essai d’Olivia Gazalé, Le Mythe de la virilité : un piège pour les deux sexes.

Une illustration d'Elise Gravel pour lutter contre les stéréotypes de genre

À l’âge adulte, le syndrome de la bonne élève se répercute tout autant dans les domaines de la vie privée. Durant le confinement lié au Covid-19, la charge mentale des femmes a explosé. Concilier vie professionnelle en télétravail, école à la maison et tâche ménagères a conduit de nombreuses mères actives à l’épuisement. Car même en situation de crise, l’injonction à la perfection règne.

Cette pression sociale aussi latente qu’explicite conduit de nombreuses filles à un perfectionnisme autodestructeur. As-tu l’impression d’en souffrir toi aussi ?

Comment savoir si je suis atteinte du syndrome de la bonne élève ?

On dit de toi que tu es très rigoureuse, disciplinée, méticuleuse, assidue, une « intello » ou encore une « bosseuse » ? Tu as toujours voulu être ou été première de la classe. Tu te mets une pression démesurée pour réussir, et même plus, pour exceller. Tu en fais toujours plus, voire trop, car faire les choses à moitié ne fait pas partie de ton vocabulaire.

On peut toujours compter sur toi pour boucler un exposé ou une présentation. Tu as besoin de la reconnaissance de tes pairs, de tes supérieurs ou de tes professeurs pour te sentir bien dans tes baskets. L’imperfection et l’échec te tétanisent. Tu crains de ne pas être à la hauteur et d’être en conflit.

Bref, tu es ultra-perfectionniste à t’en rendre malade.

De nombreux qualificatifs définissent la « bonne élève » typique. Si tu te reconnais dans la description ci-dessus, il y a fort à parier que tu en souffres.

Si ce profil ne te correspond pas, tu dois certainement penser à une ou plusieurs personnes rencontrées dans ton parcours scolaire et professionnel. En effet, bien qu'il ne soit pas encore quantifié, ce syndrome est plus répandu qu’on ne l’imagine.

Le syndrome de la bonne élève, entre anxiété, dépression et burnout

Le syndrome de la bonne élève, source d'anxiété scolaire

Penser que le perfectionnisme est un défaut peut sembler contre-intuitif. Et pourtant, lorsque l’envie de se dépasser devient déraisonnable, cette qualité se transforme en véritable handicap.

Ses conséquences sont loin d’être anodines. Le syndrome de la bonne élève impacte parfois lourdement la vie des filles et des femmes concernées, noyées sous la charge de travail.

Tout d’abord, le syndrome de la bonne élève génère une anxiété permanente durant la scolarité. Viser perpétuellement le 20/20 devient une véritable obsession anxiogène. Pour obtenir leur sésame vers les grandes écoles, certains jeunes se tuent à la tâche jusqu’à subir une forte angoisse chronique.

Mais la bonne élève ne baisse pas les bras et parvient bon gré mal gré à ses objectifs. Ses résultats sont impressionnants. Elle obtient son diplôme avec les félicitations du jury et les louanges de son entourage. La voilà comblée !

Le syndrome de la bonne élève se cristallise dans le milieu professionnel

Tu pourrais te demander où est le problème. Finalement, pourquoi se détacher du syndrome de la bonne élève ? Il contribue à repousser ses limites et aller plus loin.

Certes, mais une fois dans le monde du travail, les choses se corsent. Larguée dans la jungle professionnelle, la bonne élève va répéter le schéma qui a jusqu’alors toujours fonctionné à merveille pour elle. Elle va se surpasser, se surinvestir pour répondre du mieux possible aux missions qui lui sont confiées. Pourquoi le succès ne serait-il pas au rendez-vous ? La vie professionnelle de la bonne élève devrait logiquement emprunter la voie de l’ascension.

Contre toute attente, le scénario ne se déroule pas comme prévu. Pour la première fois, la bonne élève est confrontée à une situation inhabituelle : elle ne s’en sort pas. Ou du moins, pas aussi bien qu’elle l’aurait imaginé. Sous ses yeux ébahis, ses collègues se démarquent et obtiennent les promotions pour lesquelles elle a travaillé si dur. Pourquoi eux et pas elle ?

Malheureusement, le syndrome de la bonne élève constitue davantage un frein qu’un moteur. Elle est une bonne exécutante, et non pas un bon leader. Le modèle de réussite scolaire ne fonctionne plus dans le monde de l’entreprise, et ses répercussions sont sérieuses.

Les conséquences du syndrome de la bonne élève

La bonne élève est incapable de dire non, de contredire ou d’être force de proposition. Ni assertive ni proactive, elle stagne. Elle redouble alors d’efforts, ne réalisant pas que le problème réside ailleurs.

Le résultat ? La plupart des « bonnes élèves » sont sous-rémunérées dans le monde professionnel. Elles s’infligent une charge de travail colossale, qui peut dépasser le cadre de leurs fonctions, tout en étant payée pour un poste de niveau inférieur. Pour une fois, la récompense n’est pas proportionnelle à l’effort fourni.

La bonne élève se heurte au plafond de verre et aux inégalités salariales.

Une illustration de Ben Wiseman représentant les femmes victimes du plafond de verre

Par ailleurs, l’anxiété se transforme petit à petit en burnout, un syndrome corolaire à celui de la bonne élève. Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), le burnout se caractérise par « un sentiment de fatigue intense, de perte de contrôle et d'incapacité à aboutir à des résultats concrets au travail ».

Dans un article du Monde de 2015, la psychanalyste Sophie Péters affirme que « l’attitude de premier de la classe est aussi l’antichambre du burn-out ». Rien d’étonnant alors à ce que notre bonne élève se retrouve prise dans cet étau.

De plus, la confiance en soi en prend un coup. La bonne élève est intimement affectée par son imperfection et projette sa valeur intrinsèque dans le regard d’autrui. C’est à travers l’approbation extérieure qu’elle se sent légitime. En son absence, elle est anéantie.

Dès lors, il est impératif de reprendre le pouvoir, de vivre un empowerment. À la clé : plus de bien-être au quotidien et de nouvelles perspectives professionnelles ! Alléchant, non ?

L'empowerment au féminin contre le syndrome de la bonne élève

Comment sortir de l’engrenage du syndrome de la bonne élève ?

Pas de panique, le syndrome de la bonne élève n’est pas une fatalité ! Il est tout à fait possible de faire un travail sur soi pour en sortir et enfin devenir actrice de sa vie.

Alors, que faire pour se détacher du syndrome de la bonne élève ? Découvre nos conseils ci-dessous !

  • Crois en tes qualités

    Regagner confiance en soi est la première étape. Plutôt que de voir tes défauts au miroir grossissant, pars à la conquête de tes atouts. Identifie tes qualités, écris-les, et tel un mantra, répète-les dans ton esprit. Plus tu seras à l’aise dans tes baskets, plus tu dégageras de l’assurance. Plus tu connaîtras ta propre valeur, moins les autres pourront te dévaluer ! Obéis à ta voix intérieure et non plus à ce qu’on te dicte. Plus facile à dire qu’à faire ? Tu peux faire appel à des coachs ou des psychothérapeutes pour t’aider à y voir plus clair !
  • Accueille tes ambitions avec bienveillance

    Tu es capable d’obtenir ce que tu désires, à condition de te l’autoriser. La plupart des excuses que tu te donnes pour voir tes ambitions au rabais sont fictives. Pour savoir si tu peux avoir le poste de tes rêves, tu dois essayer avant d'imaginer qu'on ne te l'accordera jamais !
  • Verbalise clairement tes souhaits

    Comment les autres pourraient savoir ce que l’on veut si on ne le sait pas nous-mêmes ? Pour cela, formule clairement tes souhaits. Tout d’abord à toi-même, puis à ton ou ta partenaire, recruteur·se, chef·fe... ou toutes personnes ayant un rôle à jouer dans l’accomplissement de tes désirs.
  • Passe à l'action

    Il faut ensuite mettre en œuvre les outils nécessaire pour voir ses rêves se matérialiser. Créer son réseau, prendre des initiatives ou même démissionner : être actrice de sa carrière, c’est être dans le mouvement. Les opportunités ne sont pas de simples bonnes notes gratifiantes, elles se saisissent ! Créativité et audace seront tes maîtres-mots.
  • Oublie tes peurs

    Le syndrome de la bonne élève se nourrit de la peur : la peur du rejet, de la critique, la peur de frapper aux portes, de demander ce que l’on veut, de se mettre en avant, de dire non… Aux antipodes de l’action, il y a l’immobilisme généré par la peur. Un manager ou un supérieur est un être humain qui, comme toi, peut se tromper. Et même les « meilleurs » ont essuyé des dizaines de refus avant de réussir !
  • Wonder Woman n'existe pas

    La femme excellant sur tous les panneaux est une légende. Nulle ne peut être irréprochable au travail, à la maison, avec les enfants, avec son.sa partenaire... Lorsque tu en seras convaincue, tu sentiras un immense poids soulager tes épaules.
  • Sois tolérante envers toi-même

    Inutile d’attendre d’avoir 100% des compétences pour se lancer ou postuler ! Au lieu de cela, focalise-toi sur ta courbe d’apprentissage. Personne n’est immédiatement compétent. Combats ton syndrome de l'imposteur...
  • Inspire-toi d’autres femmes

    Nous te conseillons vivement la lecture de ces ouvrages destinés à accompagner les femmes vers leur émancipation professionnelle : Libre de prendre le pouvoir sur ma carrière, de Lucile Quille et Ces filles sympas qui sabotent leur carrière: les 101 pièges à éviter, de Lois P. Frankel. À l’aide d’exemples, de témoignages et d’avis d’expertes, ces guides propose des méthodes et des exercices concrets. Mais aussi des parcours inspirants de femmes qui ont réussi. Les rôles modèles sont essentielles !
Une illustration de Gloria Shugleva représentant des femmes leaders

L’objectif : comprendre, déculpabiliser, décider et agir. Transformer son syndrome de bonne élève en force, c’est à la portée de toutes. Parce que réussir, c’est bien, mais être épanouie, c’est encore mieux. You go, girl !

Pour se sentir en accord avec soi-même et ses aspirations, rien de tel qu’un cadre ouvert et bienveillant qui met chaque singularité en avant. Si tu cherches une école dans laquelle explorer de nouveaux possibles, la philosophie d’Ada Tech School devrait te plaire.


À propos d'Ada Tech School

Ada Tech School est une école d’informatique inclusive, qui forme au métier de développeur·se en 21 mois. Elle a 3 campus : Paris, Lyon et Nantes. Au sein de l'école, les apprenant·e·s apprennent en faisant grâce à une pédagogie alternative inspirée de Montessori, approchant le code comme une langue vivante et favorisant la collaboration et l’entraide grâce à des projets collectifs. L’école doit son nom à Ada Lovelace, qui fut la première programmeuse de l’histoire.

Après neuf mois de formation, les étudiant·e·s sont opérationnel·le·s et prêt·e·s à réaliser leur apprentissage - rémunéré - pendant douze mois dans une des entreprises partenaires de l’école (Trainline, Deezer, Blablacar, JellySmack, Back Market, ...).

Aucun pré-requis technique n’est exigé pour candidater. Il suffit d’avoir plus de 18 ans. La sélection se fait en deux temps : formulaire de candidature puis entretien avec une réponse sous 2 semaines.

Joana D.

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